Environ 1 000 mineurs étrangers non accompagnés arrivent chaque année à Roissy-Charles de Gaulle. Ils sont placés dans la « zone d’attente » de l’aéroport ; beaucoup se voient refuser le droit d’accès au territoire français.
Une récente enquête de Human Rights Watch montre que, les mineurs isolés retenus dans cette « zone d’attente » ne sont pas protégés par les lois qui protègent normalement les mineurs étrangers qui se trouvent sur le territoire français. Ils sont placés dans le même lieu que les étrangers adultes et sont ainsi exposés à des risques d’abus. Leur situation est extrêmement précaire : menaces d’expulsion par la police, pressions pour qu’ils signent des documents qu’ils ne savent lire et qui leur font renoncer aux droits dont ils devraient pourtant jouir.
« Daniel S. », dix-sept ans, a expliqué à Human Rights Watch qu’au départ, la police aux frontières avait refusé de recevoir sa demande d’asile et l’avait menacé d’éloignement :
" [La police] m’a fait venir à un bureau. On a pris ma photo et on m’a donné un papier à signer. J’ai dit que je ne signerai pas. Alors le policier m’a dit que je serai expulsé de toute façon, que je signe ou pas. J’ai répété que je voulais demander l’asile mais le policier s’est moqué de moi et m’a répondu, "ce n’est pas la peine" et il m’a dit que je serai renvoyé quand-même. Quand il a dit ça, à ce moment là, j’ai eu envie de me suicider. J’avais vécu tant de choses et j’avais toujours eu la force de m’en sortir, j’avais fait plein d’efforts pour me sauver et j’étais arrivé là où je croyais que je serais enfin en sécurité. Et j’ai pensé : si j’ai l’occasion de me jeter par la fenêtre, je le ferai. "
Malgré la désignation de représentants légaux pour assister chaque mineur, la situation de ces jeunes demandeurs d’asile reste très difficile. Les représentants légaux sont souvent dans l’impossibilité de les aider soit parce qu’ils arrivent trop tard pour empêcher l’éloignement d’un mineur soit parce qu’ils sont victimes d’obstruction policière.
Selon Human Rights Watch, tant que le gouvernement français ne supprime pas le système de « zone d’attente », les droits de ces mineurs ne seront pas respectés.